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LA COMMUNE URBAINE DE PEHUNCO
Présentation de l
a commune
Activité en cours
Péhunco est la plus importante
des trois communes du département de l'Atacora. Ses 15 261
habitants sont à 60% des hommes. La représentation
ethnique y est variée: on y retrouve principalement des Peulh
(48,32%) et des Bariba (41,65%), mais aussi des Yoruba, des Haoussa,
des Djerma, des Gourmatché, des Fon, des Lokpa et des Ibo.
Péhunco, chef-lieu de la sous préfecture, est situé
à l'est du département, à 621 km de Cotonou,
capitale économique du Bénin, et à 94 km de
Natitingou, siège de la coordination des CLAC du département.
Le Bariba est la langue dominante mais on y parle
aussi le peulh, le dendi, le yoruba, le fon, ainsi que les dialectes
des autres nationalités. L'animisme et l'islam dominent,
tout en cohabitant avec le christianisme. La localité de
Péhunco compte sept écoles primaires et un collège
d'enseignement général. Le taux d'alphabétisation
en bariba est assez élevé chez les hommes.
Péhunco est relié aux localités
de Parakou (186 km), Sinendé (55 km), Kérou (75 km),
Kouandé (40 km), Natitingou (94 km),et Djougou (75 km) par
des routes non bitumées mais praticables en toute saison.
Elle dispose d'un grand marché ouvert tous les quatre jours
et de six petits marchés de village. Plus de 75% de la population
vit de l'agriculture (coton, maïs, igname, manioc, sorgho,
haricot). On y retrouve plusieurs plantations de teck et d'acajou.
L'élevage, pratiqué essentiellement par les Peulh,
se fait selon la méthode agro-pastorale, que ce soit dans
les fermes ou dans le centre-ville.
Le commerce y est très florissant, principalement
chez les ethnies Yoruba et Ibo. On y compte plus de vingt boutiques
et de nombreux points de vente (étalages). L'artisanat, la
pêche et la chasse occupent une infime partie de la population.
La localité compte de nombreuses associations
et groupements à vocation coopérative. Elle dispose
d'un réseau d'adduction d'eau potable depuis 1985, relayé
par huit pompes manuelles installées dans la ville et les
quartiers périphériques et d'un important réseau
de téléphone rural. La population reçoit les
informations par la station de radio régionale de Parakou,
par la station nationale (ORTB) et par la télévision
nationale. Quatre services utilisent déjà l'ordinateur.
Péhunco en est à la phase de pré-électrification.
Activités en cours
Appui par la communication à la
promotion de la culture Batonnu
La promotion de la culture Batonnu a intéressé
deux groupes : d'abord 16 jeunes du village de Doh pour leur faire
pratiquer le worou, une danse locale. L'aspect rituel de la danse
a été volontairement supprimé pour permettre
aux jeunes de découvrir les pas de danse et les sauts acrobatiques
qui l'accompagnent.
Douze femmes du village de Péhunco ont
constitué le deuxième groupe, autour de la pratique
de la danse kabo, une danse de grâce et de séduction.
Leur groupe se nomme Dema, ce qui signifie authenticité.
Au delà de la danse, les activités
de communication ont consisté à :
- faciliter la mise en uvre des actions d'alphabétisation
en langue batonnu, des jeunes et de femmes relais ainsi que des
couturières du groupement : recherche de financement, implication
des alphabétiseurs, achat de matériel didactique.
- reconstituer et réhabiliter le patrimoine culturel local
: enquêtes sur les pratiques, notamment les danses, restitution
des résultats, réalisation de cassette-vidéo,
lutte contre l'exode rural : réalisation de saynètes.
Cette initiative du CLAC a fait des émules dans les villages alentour.

LA SOUS PRÉFECTURE DE TANGUIETA
Peuplée
de Waaba, Barba, Natimba, Gourmanché et de Peulh, la sous-préfecture
de Tanguieta compte 4310 habitants. De religion chrétienne,
musulmane ou animiste, la population parle principalement le dendi
mais aussi plusieurs autres langues locales (wamma, biali, maténi,
gourmanché, peuhl, haoussa et yoruba).
Dans le secteur public, on compte douze
écoles primaires et une école secondaire, dont une
maternelle, ainsi qu'une école primaire privée.
Le taux d'alphabétisation en
langue locale (maténi et wamma) était de 72,97 % en
1997.
Les habitants de Tanguiéta pratiquent
l'agriculture sur brûlis et l'élevage. Ils tirent le
gros de leurs revenus du commerce, de l'exploitation du bois de
chauffe, de la transformation des produits locaux et de l'artisanat.
Selon les études de deux institutions
locales, le Projet de gestion des ressources naturelles et le Centre
d'action régionale pour le développement rural, la
production vivrière baisse d'une saison à l'autre
et les paysans sont incapables de faire face au coût des engrais.
Les principales associations du village
sont :
- l'Association villageoise de chasse (A.V.C.), qui sensibilise
les riverains sur la préservation du patrimoine forestier
et faunique du Parc national de la Pendjari et une partie béninoise
du Parc du W
- l'Association sportive « Flèche noire »
- l'Association des donneurs de sang qui, outre la collecte et
la distribution de sang, organise des activités culturelles
l'Association pour le développement, qui coordonne les
actions des autres associations.
Activité en cours
Appui par la communication
à la vulgarisation du système agrosylvopastoral
Face au problème de la déforestation
et de la diminution de la production agricole vivrière, les
animateurs du CLAC de Tanguiéta ont mené une activité
de communication avec deux groupes de jeunes agriculteurs de 19
à 35 ans.
Cette activité a consisté
à mettre ces jeunes agriculteurs en contact avec les agents
de formation agricoles et, ce, dans le but d'améliorer les
techniques de production. Ils ont également rencontré
les propriétaires terriens pour obtenir un site de production
et d'autres jeunes agriculteurs pour échanger.
À ce jour, on a tenu des
formations sur les techniques de culture, celles de fabrication
de compost ainsi que sur les méthodes de gestion (l'accès
au crédit collectif). Les jeunes ont commencé leurs
activités et ont obtenu de bons résultats.
Cependant, malgré l'attention
et l'aide des autorités locales, notamment des services du
développement rural et de la sous-préfecture, la pérennité
du projet de développement est loin d'être assurée.
Il manque au projet la reconnaissance comme groupement afin de bénéficier
du crédit collectif puis, à terme, d'acquérir
des parcelles de terrain individuelles et du matériel de
culture.

LA SOUS-PRÉFECTURE DE TOUCOUNTOUNA
La sous-préfecture
de Toucountouna compte 21 300 habitants, principalement d'ethnies
Naténi et Waama. La population est fortement animiste. Les
langues dominantes sont le waama et le naténi.
À Toucountouna, on retrouve 21
écoles primaires et un établissement secondaire. Le
taux d'alphabétisation de la population se situe à
30 %, mais à 5 % seulement chez les filles.
L'agriculture non mécanisée
est la principale source de revenus de la localité.
On y pratique surtout une culture de subsistance, dans un environnement
propice aux arbres fruitiers (manguiers, karités et nérés).
Il y a très peu de culture de rente.
L'élevage (caprin et bovin) est
peu développé et reste avant tout l'affaire des Peulh.
À ce jour, les principaux moyens
de communication de masse utilisés dans la région
sont le crieur public et le tam-tam. Les autorités disposent
de l'équipement de radiocommunication du commandement territorial
ainsi que du téléphone.
Activité en cours
Appui par la communication à la
lutte contre le mariage précoce
et forcé des jeunes filles dans la sous-préfecture
de Toucountouna
On note que
beaucoup de jeunes filles de la sous-préfecture abandonnent
l'école et sont mariées précocement contre
leur gré. Ces mariages forcés servent souvent à
payer des dettes religieuses (« femmes de fétiche »)
ou à sceller des alliances entre deux familles. 80% des filles
finissent tôt ou tard par se rebeller.
Le sort des
filles mineures est tragique : 15% accouchent en bas âge et
25 % meurent d'hémorragie. Souvent ces jeunes filles prennent
des amants et pour éviter des représailles ou d'être
ramenées de force auprès des premiers maris, elles
quittent généralement le village avec leurs amants.
Outre la déperdition scolaire féminine, cette situation
entraîne des conflits ouverts entre les familles, la prostitution
et son cortège de maladies sexuellement transmissibles.
La commune de
Tampègre et le village Tantougou (740 habitants) se singularisent
par de nombreux enlèvements de mineures scolarisées,
les divorces, la prostitution et l'exode rural. Cette situation
préoccupe l'association de développement de la localité,
les animateurs du CLAC et les enseignants de la sous préfecture.
Lactivité de communication
vise à :
- réduire le taux de déperdition scolaire des jeunes
filles pour cause de mariage
- amener la population à participer à une campagne
de sensibilisation contre le mariage forcé et ses conséquences
néfastes, avec les grossesses précoces ou les fuites
des jeunes filles
- favoriser les échanges autour des thèmes de l'exode
rural, de la sexualité et de la prostitution juvénile
Pour ce faire, avec le concours
des animateurs du CLAC, « Fétani », un groupement
de femmes, travaille à réunir et à sensibiliser
l'ensemble des personnes concernées par les problèmes
liés au mariage forcé et précoce: entretiens
avec les parents d'élèves, rencontre avec les chefs
de village, représentation théatrale « La lessive
des mentalités », rencontres avec les partenaires médicaux,
sensibilisation des frères et des maris.
Un deuxième groupe-cible,
plus hétérogène et plus conservateur, composé
d'une trentaine de paysans et de ménagères, a été
particulièrement visé par les activités de
communication, afin de leur faire prendre conscience des difficultés
liées au mariage forcé et de le rallier à cette
cause. D'une façon générale, ces personnes
comprennent la démarche et commencent à s'en faire
les porte-parole. La méthode semble intéresser les
villages voisins.

LA SOUS-PRÉFECTURE DE BOPA
Activité en cours
Activité de la première phase
La sous-préfecture de Bopa est située
au SudEst du département du Mono. Elle couvre une superficie
de 600 km2 pour une population de 60000 habitants. Les principales
ethnies sont les Sahoué, les Aïzo, les Azohoué
et les Dhékin. La langue dominante est le sahouégbé
bien que plusieurs autres dialectes soient parlés, tels que
le pédagbé, le gbokpagbé et le cotafon. La
population est fortement animiste mais cohabite avec une minorité
de chrétiens et de musulmans.
Linfrastructure scolaire compte 42 écoles primaires,
un collège denseignement général et deux
centres déveil et de stimulation de lenfant.
Le taux dalphabétisation en langue locale est très
faible.
En matière de santé, Bopa-centre dispose dun
dispensaire et dune maternité, ce qui a réduit
considérablement le taux de mortalité infantile et
maternelle.
La population vit de la culture du maïs, du manioc, des patates
douces, des tomates, du piment, du gombo et autres légumes
mais aussi de la pêche, de lélevage et du petit
commerce.
Les produits tirés des activités génératrices
de revenus sont vendus dans les marchés de Lobogo, de Bopa
et de GuassaKpodzi, qui ouvrent tous les cinq jours et à
tour de rôle.
Les associations locales sont nombreuses : groupements de femmes,
dhommes ou mixtes, groupements de jeunes qui pratiquent lagriculture,
lélevage, la pêche et la transformation des produits
locaux contribuent au développement du milieu et assurent
le mieux-être progressif des populations.
La commune de Bopa possède le courant électrique,
leau potable et des infrastructures de télécommunication.
Activité en cours
Appui par la communication à l'initiation
des jeunes de Bopa
à l'agriculture maraîchère
Pour répondre à lappel
des autorités sanitaires du pays, qui prônent la santé
pour tous en lan 2000, il savère indispensable
de revoir les causes des nombreuses maladies dont sont victimes
nos populations. Une récente enquête à travers
nos villages et campagnes a révélé que toutes
les maladies ne sont pas toujours causées par des agents
pathogènes, mais aussi par une mauvaise alimentation, qui
entraîne la kwashiorkor, le marasme, etc.
Conscients de cette réalité,
il est impérieux de sensibiliser nos populations à
revoir leur alimentation, à consommer davantage et plus régulièrement
des produits maraîchers. Aussi, par la communication, nous
essaierons damener la population de la commune urbaine de
Bopa, essentiellement composée de pêcheurs, à
chercher les voies et moyens pour une alimentation variée
et saine, incluant les produits maraîchers.
Cela a amené les animateurs
du CLAC à initier quelques groupes de jeunes déscolarisés
aux cultures maraîchères. Au total, une centaine de
jeunes de huit villages de la commune seront touchés par
la campagne de communication.
Activité de la première
phase
Appui par la communication à l'appui
à l'élevage des canards
Initialement,
lactivité consistait à aider un groupement de
dix membres (sept hommes et trois femmes) à mettre en uvre
une activité délevage porcin et de fabrication
dhuile de palme.
Malheureusement la peste porcine a sévi sur la région
et le groupe sest converti à lélevage
du canard. À linstar de ce qui avait déjà
été pratiqué avec le projet initial, la démarche
du projet de communication a consisté à aider le groupement
à :
- contacter des personnes expérimentées dans le domaine qui puissent
les conseiller et les former à lélevage des canards
- trouver un terrain pour mettre en uvre le projet.
Le groupement a donc effectué un voyage détude
à Comé et a rencontré des personnes ressources.
Aujourdhui, lenclos est trouvé et lélevage
a débuté. Cependant, on constate un fort besoin de
formation technique. Le groupement envisage de compléter
cette activité par de la production maraîchère.

LA SOUS PRÉFECTURE DE GRAND-POPO
La sous-préfecture de
Grand-Popo est peuplée de 50 000 habitants, à majorité
d'ethnies xwela et mina. Ils parlent le xwela et le mina. Son chef-lieu,
la commune urbaine de Grand-Popo, compte à peu près
12 000 habitants. Principalement de culture animiste, cette population
côtoie les musulmans et les catholiques.
Grâce à l'existence de huit écoles primaires,
d'un établissement secondaire et de trois CESE (centre d'éveil
et de stimulation de l'enfant), 42% de la population parle le français.
Les taux de scolarisation des enfants et d'alphabétisation
des adultes s'élèvent respectivement à 70%
et à 15%.
Le taux d'alphabétisation des adultes a cependant connu une
régression dans les années 90. L'alphabétisation
devient aujourd'hui l'apanage des groupements à vocation
coopérative, surtout féminins.
La pêche (fluviale et maritime)
est un atout pour la localité malgré la rareté
de plus en plus grande des produits halieutiques, due à la
pollution de l'eau de mer par les phosphates du Togo. Le barrage
construit sur le fleuve Mono a également modifié le
cours de l'eau et empêche de ce fait la reproduction des poissons.
Autant de facteurs qui provoquent l'exode rural des pêcheurs.
L'agriculture et surtout la culture
de la canne à sucre et du gombo constituent aujourd'hui les
principales sources de revenu de la population. La transformation
des produits halieutiques (fumage ou salaison) et la commercialisation
des produits champêtres (noix de coco, de palmier à
huile) comptent également pour beaucoup. Le marché
local a lieu tous les samedis.
Quelques ONG et associations gèrent
des projets dans la commune. C'est le cas de l'Association française
des volontaires du progrès, du GRABS, de l'Association pour
le développement de la commune urbaine de Grand-Popo et du
Centre d'action pour le développement intégré
de la région de Grand-Popo.
Sur le plan culturel on retrouve plusieurs
pratiques traditionnelles, dont le Zangbéto, qui assure la
sécurité de la population et de ses biens. Les morts
sont vénérés et reçoivent des offrandes
pour protéger les vivants. Ces offrandes sont révélées
par la consultation des Fâ. Les différents tam-tams
sont joués au moment des réjouissances de même
que pour rendre les derniers hommages aux morts. La fête vodou
est célébrée annuellement à la grandeur
du pays.
Traditionnellement, les communications
passent par le crieur public et le bouche à oreille.
Activité en cours
Appui par la communication à l'assainissement
du marché central
de Grand-Popo par un groupement de femmes du quartier Onkuihoue
Crée en 1997, le marché
central de Grand-Popo connaît une affluence remarquable par
la fréquentation de la population locale et de celle des
villages environnants. Les samedis, il accueille même des
commerçants venant du Togo.
Cette affluence génère toutefois un grave problème
dinsalubrité dû à la fois à la
négligence des usagers, lignorance des règles
dhygiène, le manque de structures de gestion, le manque
de poubelle, absence dun service dassainissement, pour
ne citer que celles-là.
Tas dordures, pourritures et eaux stagnantes sont sources
des mouches, vecteurs de plusieurs maladies. Cela touche la santé,
mais aussi léconomie du marché, les ventes diminuant.
Cette insalubrité est causée par à peu près
tout le monde : vendeuses, marchands, acheteurs, transporteurs,
qui se débarrassent nimporte où de papiers demballage,
pelures de fruit, paniers déchirés, feuilles de teck
ou de bananier, spathes de maïs, etc. Les 600 habitants du
quartier Onkuihoue jouxtant le marché en souffrent particulièrement.
Blotti le long du fleuve Mono, ce village de pêcheurs dune
centaine de ménages est de plus exposé aux inondations
annuelles avec leur cortège de destruction de maisons en
banco et de maladies diarrhéiques.
Lassainissement du marché a amené la création
dun groupement dune centaine de femmes, avec objectif
de réduire les maladies découlant de cette insalubrité.
Une ingérence politique a causé la disparition du
groupe, qui a redémarré grâce aux activités
de communication initiées par le CLAC.
Activité de la première
phase
Appui par la communication à l'apprentissage
des jeunes femmes
à la fabrication des sacs nylon et au tissage du pagne traditionnel
dans le village de Ayiguinnou
Lactivité
de communication veut sensibiliser les jeunes femmes au problème
de l'oisiveté, les diriger vers les sources d'information
et de formation professionnelles afin qu'elles se familiarisent
avec des activités et se structurent pour se prendre en charge.
Vingt-huit jeunes femmes de 15 à
30 ans du village de Ayiguinnou participent au projet: une fois
les activités liées à la pêche ( mai
à novembre) terminées, elles se retrouvent sans occupation
et donc sans revenu.
Aujourd'hui,
elles ont appris à confectionner des sacs en nylon et des
pagnes traditionnels et elles ont créé leur propre
groupement. Au nombre de 15, elles sont très régulières
aux réunions et cotisent chacune 50FCFA par mois.
Pour continuer
à mener lactivité de développement, elles
souhaitent acquérir de la formation pour la commercialisation
de leurs produits, trouver des moyens pour faciliter leur approvisionnement
et disposer d'un lieu de travail plus confortable que la paillotte
qui les abrite actuellement. De plus, il faudra certainement qu'elles
formalisent leur statut juridique pour avoir accès au crédit.

LA SOUS-PRÉFECTURE DE KLOUEKANMEY
Située dans le département
du Mono, au sud du Bénin, la sous-préfecture de Klouékanmey
compte 69 000 habitants. Principalement Adja, cette population se
compose également de Fon, de Yorouba, de Haoussa, de Dendi
et de Peuhl.
Le maïs, le manioc, le haricot, le pois dangol, la tomate
et le piment sont les principales cultures vivrières, auxquelles
viennent sajouter le coton, les oranges, les mangues et les
pommes sauvages. Lagriculture représente donc la principale
activité de la population de Klouékanmey. Les échanges
se font sur un important marché qui se tient tous les cinq
jours.
La sous-préfecture dispose dun réseau routier
qui le relie à Lalo, Toviklin, Agbangouzou, Aplahoué
et Djakotomey.
Le village dAgbodonhoungnin fait partie intégrante
de la sous-préfecture de Klouékanmey. À majorité
Fon et Adja, la population vit surtout de lagriculture (le
maïs, le manioc, lharicot et larachide) et de lélevage.
Le commerce dhuile et de beignets darachide occupe beaucoup
de femmes.
Le village dispose
dune école primaire et dun dispensaire privé.
Il nest pas électrifié et ne bénéficie
pas deau potable. Aucun projet de développement ny
est programmé. Le manque deau potable fait peser de
lourdes menaces sur la santé de la population, notamment
chez les enfants. Les maladies diarrhéiques sont en effet
fréquentes et les enfants sont régulièrement
victimes dautres maladies quon pourrait pourtant éviter.
Activités en cours
Appui par la communication à l'organisation
d'un groupe
de relais de jeunes dans l'assainissement de la ville de Klouékanmey
La commune urbaine de Klouékanmé,
quartier administratif et commercial, sest étalée
dans la campagne avoisinante sous la poussée dun fort
accroissement de sa population. Ainsi, sur les lieux qui servaient
de dépôt dordures ménagères ont
poussé des maisons sans que de nouveaux dépôts
soient identifiés. La population a donc pris lhabitude
de jeter ses ordures ménagères sur les voies, les
places publiques et devant les maisons, doù un fort
niveau dinsalubrité, provoquant des maladies qui occasionnent
de fortes dépenses dans les foyers.
Les quartiers les plus touchés
sont ceux dAgblécomé, dEhouzou, de Hlonhlonmi-tonhou
et de Trotroyoyou, où 294 ménages vivent dans des
conditions difficiles, où autant les enfants que les adultes
sont régulièrement victimes du choléra et de
maladies diarrhéiques. Lair est souvent irrespirable.
Quelques actions ont été
tentées sans résultat. Les adultes narrivent
plus à se constituer en équipes de collecte et de
gestion des ordures ménagères. Lappui par la
communication vise donc une quarantaine de jeunes déscolarisés
de ces quartiers afin den faire un groupe relais en vue dune
action concertée pour la résolution définitive
de ce problème de gestion des ordures ménagères
en obordant les questions suivantes
- comment rendre la ville propre
- les maladies causées par leau souillée et
les ordures
- lutilisation des poubelles et des bacs à ordures
- les modes de collecte des déchets.
Activité de la première
phase
Appui par la communication à la
protection maternelle et infantile
Malgré les campagnes nationales
en faveur de la vaccination, plusieurs ménages du village
navaient pas fait vacciner leurs enfants; de plus, linobservance
de règles dhygiène favorisait lapparition
de maladies chez ces enfants.
Lactivité de communication a consisté à
mener une action de proximité en direction des 13 familles
de Klouekamney. Les rencontres avec le personnel médical
et les instituteurs, les échanges sur les mêmes préoccupations
la santé des enfants ont été
très appréciés et ont donné de bons
résultats.
Tous les enfants ont été vaccinés, les femmes
qui accouchent demandent à lêtre. Les femmes
entretiennent les cours et sont très attentives à
enlever les matières fécales; les animaux sont désormais
dans des enclos bien entretenus.
Dautres familles sont demandeuses des mêmes soins. Le
problème est que les partenaires médicaux nont
pas les moyens financiers et matériels de satisfaire à
la demande.

LA COMMUNE DE LALO
Née du découpage
territorial de mai 1978, la sous-préfecture de Lalo est située
au NordEst du département du Mono. Forte de ses 62
150 habitants, surtout des Adja, des Fon, des Tchi et des Yorouba,
la sous-préfecture couvre une superficie de 325km2 et compte
61 villages, repartis en 11 communes, dont dix sont rurales (Adoukandji,
Ahomadegbe, Ahodjinnako, Banigbe, Gnizoume, Hlassame, Lokogba, Tchito,
Tohou et Zalli) et une urbaine, qui en est aussi le chef-lieu (Lalo).
Cette dernière compte plus de 7600 habitants, majoritairement
des femmes, et regroupe cinq villages ou quartiers: EdahGoudohoue,
Gbefandi, Gouloko, Koutime et Lalo. La religion dominante est lanimisme
et la langue principale ladja.
Lagriculture, lélevage et le petit commerce dominent.
Les paysans écoulent leurs produits (maïs, manioc, niébé,
tomates, piment et gombo) sur les marchés locaux, notamment
à Hlassamé, Klouékanmey et Dogbo.
La sous-préfecture compte deux écoles maternelles,
40 écoles primaires et une école secondaire publiques.
Cependant plusieurs facteurs, notamment les faibles revenus des
parents, poussent de nombreux enfants à abandonner lécole.
Le taux dalphabétisation de la population est faible
mais aujourdhui, grâce aux efforts louables des services
chargés de lalphabétisation, une bonne partie
arrive à écrire en langue adja.
Plusieurs centres de santé et le travail des agents de santé
qui y uvrent ont permis de réduire considérablement
les taux de mortalité maternelle et infantile.
Faisant partie dune sous-préfecture
pauvre, la commune urbaine de Lalo est confrontée à
plusieurs problèmes: les voix daccès sont insuffisantes
et impraticables pendant la saison des pluies, il y manque un marché
pour lécoulement des produits agricoles et on déplore
labsence dun bureau des postes et télécommunication.
Mais tout nest pas négatif. La commune jouit de certains
avantages tels que leau potable, lélectricité,
une radio rurale locale et un centre de lecture et danimation
culturelle (CLAC), qui joue son rôle de maison de la jeunesse,
de lieu de distraction et de lecture.
Dans cette commune, les femmes jouent aussi un rôle très
important dans le développement. Ménagères,
elles se livrent également à de petits commerces et
partagent avec les hommes les travaux champêtres.
Plusieurs organisations non gouvernementales et groupements villageois
concourent à son développement. Nous pouvons citer
Bénin nature, OPOB, Bien-être Bénin, CEAGE,
CESAD, Bénin ALDIPE, Plan international
La population reste attachée au rites traditionnels et exprime
sa joie à travers le toba, le tchincoumey, lakohoun,
le kpanouhoun et le gota. Le kouvito ou la danse des revenants et
le oro sont essentiellement réservés aux cérémonies
funèbres.
Activité en cours
Appui par la communication à l'organisation
des femmes
du village d'Agbonhoué autour d'activités génératrices
de revenus
Quoique les femmes africaines soient
un maillon important de la chaîne du développement
économique, culturel, social et politique, on constate toute
la difficulté quelles ont à prendre une part
active au développement de leur milieu. Les femmes dAgbohoué,
village situé dans la commune rurale de Gnizounmé,
sous-préfecture de Lalo, néchappent pas à
la règle. Elles font face à de multiples problèmes,
parmi lesquels on peut noter le mariage précoce et forcé,
le coût élevé des dots, source de la fuite de
responsabilité des hommes dans les foyers, les grossesses
rapprochées et lappauvrissement des terres cultivables.
Pour joindre les deux bouts, ces
femmes se livrent à de rudes travaux champêtres, seule
source de revenus possible, qui les amènent à des
migrations saisonnières, en quête de terres cultivables.
Essoufflées, elles narrivent
souvent plus à répondre aux multiples besoins familiaux
et doivent parfois abandonner la famille dans linsuffisance
alimentaire, cause de maladies conduisant à une forte mortalité
infantile et à une mauvaise scolarisation des enfants, surtout
des filles.
Notre initiative de communication
veut favoriser lorganisation de ces femmes autour dactivités
génératrices de revenus afin de sauvegarder la cellule
familiale et dalléger leur fardeau, tout en essayant
de réhabiliter les hommes dans leurs droits et leurs devoirs.
Notre action de communication porte sur un groupe de 20 femmes analphabètes,
mariées et mères de plusieurs enfants chacune. La
plupart de ces femmes vivent dans des foyers polygames et sont âgées
de 25 à 35 ans.
Leurs besoins dinformation
et dacquisition de nouvelles connaissances sont nombreux,
portant autant sur la lecture et lécriture que sur
les comportements familiaux et sociaux et sur des techniques agricoles
ou de gestion. Fonctionnant par objectifs clairement définis,
au moyen de rencontres avec les personnes intéressées,
doutils dinformation appropriés, lactivité
de communication vise lamélioration des conditions
de vie de ces femmes.
Activité de la première
phase
Appui par la communication à des
jeunes déscolarises
pour la production de cultures vivrières
Lactivité de communication a
consisté à travailler avec 17 jeunes déscolarisés
fréquentant le CLAC pour définir avec eux et des partenaires
une stratégie pour entreprendre une activité utile et
génératrice de revenus.
Ces jeunes ont rencontré des personnes ressources et notamment
des personnes dune autre localité expérimentées
dans la mise en uvre de production vivrière.
Aujourdhui, ils ont déjà planté, récolté
et vendu des haricots. Ils disposent de fonds dans la caisse commune.
Ils souhaitent continuer leur activité en se formant davantage.
Par contre ils se heurtent à plusieurs difficultés,
notamment le manque de disponibilité des terres et leur incapacité
de trouver du financement pour acquérir du matériel.
Les solutions trouvées pour linstant sont de louer la
terre et de se structurer en groupement pour pouvoir obtenir de laide
du Ministère de lAgriculture, avec lappui du Sous-préfet.
Enfin, ayant eux-mêmes bénéficié de lapport
dune expérience menée dans un autre village, ils
vont diffuser à la radio rurale des émissions sur leur
propre expérience.
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