
Dikodougou, Tafiré, Sinémentiali
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Afrique de l'Ouest

LA COMMUNE DE DIKODOUGOU
Dikodougou est une commune rurale
située à 50 km de Korhogo, la grande métropole
du Nord de la Côte dIvoire, à plus de 700 km
dAbidjan, la capitale économique. Ses 13 000 habitants
sont, en grande majorité, des éleveurs et agriculteurs.
Bien que daccès relativement difficile (route non bitumée),
Dikodougou connaît une grande activité commerciale.
Le lundi, jour de marché, la localité est particulièrement
animée. La population, dorigines ethniques diverses,
parle principalement sénoufo. Surtout animiste, on y dénombre
beaucoup de musulmans (25 % de la population) et quelques chrétiens.
Dikodougou est lune de ces localités
du Nord de la Côte dIvoire où le rite du poro
est encore très vivace. Le poro est le cycle initiatique
que subissent les jeunes gens dans les bois sacrés. A Dikodougou,
les jeunes grandissent donc imprégnés de la culture
poro en même temps quils doivent affronter les contraintes
de la vie moderne.
Activité en cours
Appui par la communication à la
lutte contre l'excision à Dikodougou
LÉtat ivoirien vient de voter une
loi qui supprime toutes formes de mutations génitales féminines.
Simple? Non. À Dikodougou, le centre médical révèle
que chaque année les 2/3 des femmes qui accouchent dans des
conditions difficiles sont des femmes excisées.
Les chefs coutumiers et les exciseuses ainsi
que nombre de parents tiennent à la conservation de cette
pratique. Ils considèrent lexcision comme un élément
régulateur de lappétit sexuel chez la femme.
Aussi, selon la croyance, lexcision est-elle
loccasion dinitier la jeune fille à son futur
rôle dépouse et sert à la purifier pour
faciliter son intégration dans la société.
Or, de sources médicales, on sait que les effets secondaires
de cette pratique mettent en péril la santé de la
femme.
Outre les cas daccouchements difficiles,
la jeune fille excisée court des risques dhémorragie
et de contamination du VIH/SIDA. Plusieurs en meurent.
Nos activités de communication viseront
à appuyer les autorités dans lexplication de
la loi et à faciliter les actions des agents de la santé
et celles des ONG spécialisées dans la lutte contre
lexcision à Dikodougou.
Les personnes visées par les activités
de communication sont les chefs coutumiers, les exciseuses
qui sont souvent aussi les accoucheuses, les parents et les
jeunes filles elles-mêmes.
Activité de la première
phase
Appui par la communication à
la réduction des MST/SIDA à Dikodougou
La propagation du virus HIV/SIDA et des maladies sexuellement transmissibles
(MST) constituent lune des préoccupations majeures
des jeunes de Dikodougou. Le problème est dautant plus
crucial que la propagation est favorisée, en partie, par
le lévirat, coutume très vivace dans la région,
qui impose au frère dun défunt dépouser
la veuve de celui-ci, peu importe la cause du décès.
Malgré linexistence de statistiques
fiables, les MST sont de plus en plus présentes à
Dikodougou. Ces inquiétudes sont par ailleurs confirmées
par le médecin chef du centre de santé de la localité.
Cest dans ce contexte que les animateurs du CLAC ont pris
linitiative de lutter contre la propagation des MST et du
virus HIV/Sida.
Les animateurs, sensibilisés à
la lutte contre le sida, ont choisi de mener une activité
de communication avec les jeunes de 15 à 35 ans pour les
informer des risques de la maladie.
Les objectifs poursuivis étaient les suivants :
- informer sur le planning familial, pour éviter les grossesses
à risques ou non-désirées.
- faire savoir et comprendre que le sida (1) existe
- faire connaître les moyens de prévention
- faciliter le dialogue avec le personnel médical
- motiver les jeunes et les personnes à risques à
faire le test de dépistage (qui ne peut actuellement se
faire à Dikodougou)
Pour
atteindre ces objectifs, léquipe a organisé des
conférences animées par le médecin ainsi que
des projections de film suivies de débats. Des rencontres avec
les élèves et les instituteurs ont également
eu lieu.
Lensemble
de ces actions, à linstar des autres processus de sensibilisation
au sida, nécessite un suivi de rencontres en groupe restreint
pour une information plus efficiente en terme de prévention.
De plus, comme le nombre et la disponibilité des personnes
ressources sont très limités, il est nécessaire
dadopter des stratégies de formation par les pairs.

LA COMMUNE TAFIRÉ
Tafiré est une petite
localité du département de Katiola, dans le nord-ouest
de la Côte dIvoire, à environ 500 kilomètres
dAbidjan. La population de cette commune rurale est estimée
à 10 165 habitants et est constituée en majorité
des peuples tagbana (sénoufo) et malinké ainsi que
de quelques immigrés dorigine burkinabè, guinéenne
et malienne. Le dioula et le tagouana constituent les principales
langues de la région. Le français sert de langue véhiculaire,
bien que la plupart des locuteurs ne sachent ni le lire ni lécrire.
La population de Tafiré est en majorité musulmane
mais compte également des chrétiens et, surtout, des
animistes.
Située sur deux axes de communication inter-États
(la voie ferrée reliant la Côte divoire au Burkina
Faso et la voie routière reliant la Côte dIvoire
au Mali, au Niger et au Burkina Faso), Tafiré est au cur
dune intense activité commerciale. La localité
est électrifiée et ses principales artères
sont bitumées, ce qui contribue à donner un visage
moderne à cette petite bourgade.
Tafiré est doté des principaux services publics :
électricité, eau courante, hôpital, écoles,
services de sécurité et de communication. Lactivité
commerciale y est importante, lagriculture et lélevage
y sont relativement prospères. Le secteur informel y est
également florissant et beaucoup de jeunes adultes y exercent
divers petits métiers: tailleurs, mécaniciens, artisans
, boulangers, chauffeurs, bouchers, revendeurs, etc.
Malheureusement, la plupart de ces jeunes ne
sont jamais allés à lécole ou lont
abandonnée trop tôt. Tafiré ne manque pourtant
pas décoles : on y dénombre sept écoles
primaires et un collège denseignement secondaire. Mais
beaucoup de parents ny inscrivent pas leurs enfants, que ce
soit pour des raisons financières ou parce quils nen
comprennent pas limportance. Il faut cependant relever la
sous-qualification du personnel enseignant, linadéquation
des programmes scolaires par rapport aux réalités
locales et les contraintes de lenvironnement familial, facteurs
qui ne sont pas propices aux apprentissages et qui expliquent le
nombre élevé de jeunes adultes non scolarisés
ou déscolarisés. Faute de statistiques, il est malheureusement
difficile de cerner lampleur du phénomène quoiquon
évalue le taux dalphabétisation à 44%.
Activité en cours
Appui par la communication à la
formation d'agriculteurs modernes
dans la commune de Tafiré
Lenclavement de la localité,
le manque de retenue deau, une agriculture non mécanisée
et linsuffisance de structures sociales adéquates aggravent
les difficultés économiques, culturelles et sociales
de Tafiré. Le manque de moyens de communication modernes
sont aussi à noter: le téléphone viendra bientôt
sajouter aux crieurs publics et à la poste. Les pratiques
traditionnelles demeurent vives, principalement linitiation
dans les forêts sacrées, les danses folkloriques de
réjouissances et les danses funèbres.
Tafiré compte sept associations locales: lUnion de
la jeunesse communale, lassociation La Paix, Djiguiya Lanaya,
lUJESTA, lAJK, le SAVANOIS, lAJATS et lAssociation
des femmes de Tafiré.
La mairie de Tafiré, en partenariat
avec le Fonds de développement pour la formation professionnelle,
a initié en 1995 un projet de formation dagriculteurs.
Cependant, un retard dans le financement
de la Banque mondiale a démobilisé les 40 personnes
du groupe pressenti pour bénéficier de cette formation.
La disponibilité des fonds ny changea rien le moment
venu.
Le CLAC entend donc mener une activité
de communication en partenariat avec les autorités administratives
et politiques de la localité et lAgence nationale dappui
au développement rural afin damener le groupe cible
à adhérer au programme de formation.
Activité de la première
phase
Appui par la communication à lalphabétisation
en français
des jeunes de Tafiré
À Tafiré, de nombreux
jeunes sont désuvrés ou vivent dactivités
informelles de petit commerce. La majorité dentre eux
est analphabète, faute dêtre allée suffisamment
longtemps à lécole. Lactivité consiste
donc à favoriser la rencontre de ces jeunes avec les alphabétiseurs
et partenaires locaux afin de mettre en place des programmes de
formation et, à terme, de créer un centre dalphabétisation.
Aujourdhui, et suite aux actions de communication, les rencontres
avec les autorités locales ont été fructueuses
puisquune salle et du mobilier ont été mis à
disposition du groupe.
Des démarches au niveau national ont été entreprises
pour que des alphabétiseurs soient nommés dans le
centre de Tafiré mais elles nont pas abouti pour linstant.
Cependant, deux alphabétiseurs travaillent déjà
sur place et deux groupes de jeunes ont démarré lalphabétisation.
Les difficultés pour la poursuite du projet sont dordre
pédagogique: le manque doutils et notamment de livres
adéquats, mais également la qualité des cours,
semblent poser problème car lévolution et le
rythme dapprentissage sont trop lents par rapport aux normes
habituelles pour ce type de public.

LE VILLAGE DE NAKOURGO (SINÉMATIALI)
Présentation du village
Nakouroubelekaha (ou Nakourgo) est un village
de la commune rurale de Sinématiali, dans le nord de la Côte
dIvoire, à plus de 700 kms dAbidjan. Situé
à 7 km du chef-lieu de la commune du même nom, le village
compte 541 habitants. La langue parlée est le nafara, une
branche de la langue sénoufo.
Lagriculture reste la principale occupation de la population,
qui cultive le maïs, le mil, les tomates et le gombo pour sa
subsistance, le coton, les mangues, larachide et le tabac
pour la vente.
Nakourgou est desservi par une piste rurale qui le relie à
Sinématiali et aux autres villages environnants. Si on y
compte une école primaire à quatre classes, on ny
trouve pas dinfrastructure sanitaire.
Les rites initiatiques marquent toujours le passage de ladolescence
à lâge adulte dans le village. Ses habitants
ignorent pour la plupart lexistence des moyens modernes de
contraception et les jeunes filles se marient dès quelles
ont leurs premières menstrues. Comme conséquence,
les grossesses précoces et non désirées y sont
très fréquentes. Elles sont également très
rapprochées. Cette situation a un effet négatif sur
la santé des mères et des enfants. Beaucoup de ces
derniers souffrent et meurent de maladies quon pourrait facilement
éviter par la vaccination. Dautre part, les eaux usées
et les ordures sont jetées nimporte où dans
le village, ce qui contribue à la propagation de toutes sortes
de maladies.
Activités en cours
Appui par la communication à la
prévention des grossesses précoces
au collége municipal de Sinématiali
La scolarisation des jeunes filles
apparaît aujourdhui comme un défi majeur dans
les pays en voie de développement, mais cet effort se butte
à un grave problème, celui des grossesses précoces,
particulièrement fréquent chez les jeunes filles du
collège municipal de Sinématiali. Cela est dautant
plus sérieux que le taux de scolarisation des jeunes filles
de Sinématiali dépasse à peine 3 %.
Depuis plus de cinq ans, nous assistons
au collège municipal de Sinématiali à un phénomène
de grossesses précoces qui ne cesse de croître. Pour
les classes de 6e et 5e, le nombre de grossesses est passé
de deux en 1994-95 à 10 en 1997-98 et à 9 en 1998-99.
Cette situation alarmante préoccupe
Madame le Proviseur du Collège municipal, dont les premières
actions ont consisté à faire des visites régulières
de sensibilisation auprès des jeunes filles quant aux risques
quelles courent avec les grossesses précoces. Malgré
les conseils et parfois les menaces, le nombre de cas de grossesses
na guère baissé. Au regard des statistiques
et des informations données par ladministration du
collège, la frange délèves de 6e et 5e,
dont lâge varie entre dix et quinze ans, est la plus
touchée. Avec pour conséquences la perturbation de
leur cursus scolaire, labandon des études, lexclusion
définitive, le rejet par les parents et la déperdition.
Sans compter que ces filles sont en plus exposées aux maladies
sexuellement transmissibles (MST).
Labsence déducation
sexuelle, lignorance des jeunes filles elles-mêmes et
linfluence du milieu, autant de facteurs qui font que lorsque
ces jeunes filles qui arrivent au collège, elles découvrent
un monde nouveau où se côtoient des personnes dâge
et de culture variés, où elles nont aucun repère
et sont par conséquent très influençables.
Il y a aussi la démission des parents de leurs responsabilités
et labsence de communication entre ceux-ci et leurs filles,
le sexe étant un sujet tabou en famille. La soumission, lobéissance
aux parents et le respect scrupuleux de leur parole empêchent
tout dialogue.
Les filles se sentent marginalisées
et livrées à elles-mêmes. Elles ne peuvent plus
se confier à un membre de la famille. Quant aux parents,
leur souci quotidien est de trouver de quoi nourrir leur famille.
Aussi, le manque de moyens financiers entraîne une démission
des jeunes filles face aux difficultés. Elles choisissent
souvent les solutions faciles qui soffrent à elles,
à savoir la mendicité et la prostitution. Elles sont
facilement corruptibles.
Labsence dinfrastructures
dhébergement amène les filles à louer
des maisons, ce qui les exposent aux avances des hommes car elles
ne sont soumises dans une telle situation à aucune autorité
parentale pouvant les dissuader.
Le CLAC ne peut rester insensible
face à un tel drame et ses animateurs ont approché
ladministration du collège pour voir avec elle comment
une action de communication peut aider à résoudre
ce problème.
Activité de la première
phase
Appui par la communication à la
promotion de la santé auprès des paysans du village
de Nakourgo
À Nakourgo, à 7 km
de Sinématiali, on a pu identifier trois types de problèmes:
- linobservation des règles dhygiène pour la salubrité publique, notamment
pour la préservation des points deaux
- labsence déducation sanitaire, particulièrement concernant la vaccination
- lignorance du planning familial pour éviter les grossesses à risques ou non-désirées.
Lactivité
de communication a consisté à organiser pour les paysans
des causeries, manifestations et rencontres avec des partenaires
sur ces thèmes.
Après des efforts pour mobiliser
les populations, il savère aujourdhui que la
demande dinformation est très forte et effective. Le
défi pour les animateurs et pour les partenaires est désormais
de répondre aux demandes.
LAssociation Ivoirienne pour le Bien-être Familial (AIEBF)
est intervenue dans le domaine du planning familial et fournit des
produits contraceptifs. Le centre hospitalier de Sinématiali
a réalisé deux campagnes de vaccination et sest
trouvé à court de seringues pour effectuer la troisième
campagne. La Compagnie Ivoirienne pour le Développement des
Textiles (CIDT) sest chargé de la sensibilisation des
paysans à la gestion des ordures.
Enfin, les animateurs sont trop
surchargés pour réaliser les activités de communication
et doivent trouver des personnes relais pour mener à bien
ce travail, compte-tenu de son ampleur.
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