ETICAO

L'actualité ETICAO

Les CLAC en Afrique de l'Ouest

L'implantation d'ETICAO

Guinée
 



Coyah, Pita



| Bénin | Burkina Faso | Cote d'Ivoire | Guinée | Mauritanie | Niger | Sénégal | Tchad | Togo |
Afrique de l'Ouest

Haut de page

LA VILLE DE PITA

Présentation de la ville

La petite ville de Pita est située en plein cœur du Foutah Djallon, en Moyenne Guinée, à environ 400 km de Conakry, la capitale. Sa population est estimée à 20 000 habitants, majoritairement composée de Peulh. Le pular y est donc la principale langue parlée. La population est en grande majorité musulmane. On y dénombre cependant quelques chrétiens. Par l’influence de l’islam, on note un pourcentage élevé de gens sachant lire et écrire les caractères arabes utilisés dans la transcription du coran. Pita compte neuf écoles primaires, dont une privée, deux écoles secondaires et une maternelle.

La région de Pita est essentiellement agricole. Les paysans y cultivent divers produits vivriers mais les fruits constituent incontestablement leur plus grande richesse. Beaucoup de paysans s'adonnent également à l'élevage. À ces activités traditionnelles s’ajoutent des activités commerciales de transport.

La commune urbaine de Pita compte trois associations jeunesse et deux associations de développement. Elle est traversée par une route nationale bitumée et dispose d’une centrale électrique qui fournit le courant huit mois sur douze. Elle bénéficie également d’une adduction d’eau potable et d’un réseau téléphonique en début d’extension.

• • •

retour

Activité en cours
Appui par la communication à la scolarisation des jeune filles
de la commune urbaine de Pita

Dans la commune urbaine de Pita, les filles ne représentaient en 1997-98 que 35% des enfants scolarisés, soit 220 sur 629. L’activité de communication du CLAC veut s’attaquer à ce problème, les quatre quartiers urbains de Pita servant de zones pilotes.

Comment expliquer une telle situation? D’abord, la population étant à 90 % musulmane, les chefs religieux et coutumiers accordent plus d’importance à l’école coranique. Il faut signaler également le manque de moyens financiers de certains parents qui n’arrivent pas à supporter les coûts de la scolarisation de leurs enfants. Il y a aussi le manque d’intérêt pour l’école française dû à l’analphabétisme des parents. Enfin, les notables, selon la tradition, prônent la suprématie du sexe masculin au détriment du sexe féminin.

On note comme conséquences le mariage précoce, l’enrôlement des filles comme vendeuses de rue, ce qui les expose au vagabondage, à la prostitution, au viol et finalement à la déperdition.

Face à cette situation, le Ministre de l’Éducation pré-universitaire a créé un comité d’équité chargé de veiller à la scolarisation massive des jeunes filles. Ce comité mène des actions dans des écoles pilotes, offrant aux jeunes filles de multiples cadeaux afin de les encourager à poursuivre leurs études.

Lors d’un conseil d’administration du dit comité, deux animateurs du CLAC ont proposé d’apporter leur aide au programme d’appui à la solarisation des jeunes filles par des activités de communication, ce qui fut accepté.

• • •


retour

Activité de la première phase
Appui par la communication à l’assainissement du marché de Pita

A Pita, comme dans la plupart des villes africaines, le marché est très animé. Mais c'est le jeudi que le marché de Pita connaît une effervescence particulière: des milliers de paysans viennent des villages de la région pour y écouler leurs produits.

Depuis quelques années, ce marché était devenu un casse-tête pour la municipalité. L'insalubrité y avait dépassé toutes les limites. Partout, les ordures s'entassaient. Les eaux usées et les déchets commençaient à rendre ce lieu invivable. Les commerçants eux-mêmes et les usagers s'en plaignaient mais personne ne semblait se préoccuper de trouver une solution. Pour eux, l'assainissement du marché était une responsabilité exclusive de la mairie. C'est dans ce contexte qu'à l'annonce du projet de communication pour le développement, les animateurs du CLAC de Pita ont pris l'initiative de mobiliser la population locale pour assainir le marché de façon durable.

L’activité de communication a consisté à sensibiliser les commerçants, les artisans, les clients et les voisins du marché de Pita aux problèmes d’insalubrité du marché pour les amener à prendre des mesures d’assainissement.

Diverses actions ont été réalisées, parmi lesquelles des séances de travail avec les responsables de chaque département du marché et son comité de gestion, des réunions avec les maires, une visite à Labé, municipalité qui a déjà été confronté au même problème, des diffusions de spots publicitaires à la radio rurale et la mise en place de sacs poubelles auprès de tous les vendeurs.

Il reste que le ramassage des sacs doit être organisé car ils sont actuellement déposés trop près de la ville. Les femmes suggèrent de mettre en place un système de cotisation pour acheter une charrette pour le transport des déchets.

Haut de page

LA VILLE DE COYAH


La petite ville guinéenne de Coyah s’étend le long de la route nationale reliant Conakry, la capitale, au reste du pays. À 50 km de Conakry, elle en constitue pratiquement la banlieue.

Coyah compte environ 22 000 habitants, dont la majorité est d’ethnie soussou. On y dénombre aussi des Malinké et des Peulh. La population est presque entièrement musulmane et vit essentiellement d’agriculture et d’échanges commerciaux avec Conakry. Les deux petits marchés ainsi que la gare routière constituent des sources de revenus inestimables pour la population.

On y trouve huit écoles primaires et deux écoles secondaires. Malgré tout, beaucoup d’enfants, surtout les filles, ne vont pas à l’école.

• • •

retour

Activité en cours
Appui par la communication à la lutte contre l'excision des jeunes filles

L'excision est une pratique traditionnelle qui a pour but d’encadrer le comportement des femmes tant sur le plan culturel que conjugal.

Elle consiste en l'ablation du clitoris, une partie essentielle du corps de la jeune fille. Cette ablation est pratiquée par des exciseuses, pour qui cette activité constitue une source de revenus et de subsistance, au détriment du respect de l’intégrité physique et morale de la jeune fille.

L’excision entraîne des effets indésirables: douleurs, hémorragies, tétanos, retards de croissance, stérilité, troubles liés à la peur de la cérémonie elle-même (anxiété, insomnie, cauchemars etc.) et par la suite, troubles de la sexualité (frigidité, absence de plaisir sexuel). Elle peut même entraîner la mort. La responsabilité des parents qui persistent à conserver cette tradition est énorme.

Les statistiques ont révélé que 40 % des jeunes filles excisées dans les districts et quartiers de la préfecture de Coyah sont admises dans les centres hospitaliers par suite d’hémorragies graves, de tétanos, ou de mauvaises sutures avec, pour conséquence parfois, la fermeture du canal urinaire. Beaucoup parmi elles en meurent et celles qui s’en sortent doivent payer de forts frais d’hospitalisation.

La sage-femme maîtresse, voyant le danger qui menace l’avenir des femmes, a informé la Direction préfectorale de la Promotion féminine et de l’enfance afin que des dispositions soient prises pour lutter contre cette pratique néfaste. La Direction préfectorale a sollicité l’appui du CLAC, lui demandant de l’aider à réduire de manière significative, d’ici l’an 2001, le taux de jeunes filles excisées dans la préfecture de Coyah.

La difficulté principale de notre activité de communication réside en la dispersion sur le terrain de nos groupes cibles, jeunes filles, parents, autorités religieuses et coutumières et exciseuses.

• • •

retour

Activité de la première phase
Appui par la communication à l’alphabétisation des jeunes filles de Coyah

Plusieurs filles interrompent l’école très tôt pour des raisons diverses: beaucoup de parents, en fait, préfèrent les garder à la maison pour des travaux ménagers ou champêtres ou pour les initier au petit commerce.

On retrouve ainsi de nombreuses filles de 15 à 20 ans devant les étals du marché, vendant toutes sortes de produits vivriers. D’autres jeunes filles sont placées comme apprenties dans divers ateliers de couture, de broderie ou de coiffure. Les ateliers de couture emploient beaucoup de jeunes filles. Leur incapacité à lire et à écrire limitent leur potentiel.

Malgré l’existence d’un centre d’alphabétisation et d’un centre d’apprentissage à Coyah, un nombre impressionnant de jeunes filles ne sait ni lire ni écrire.

Les animateurs ont mené diverses actions de promotion de l’alphabétisation, ont mobilisé des relais, notamment des personnalités religieuses, pour motiver les jeunes filles à s’alphabétiser.

Un cours d’alphabétisation pour les filles a été mis en place au centre d’apprentissage et 55 s’y sont inscrites. Leur motivation est très grande, poussées par la possibilité d’apprendre la couture tout en s’alphabétisant.

Les difficultés à surmonter restent importantes:

  • les locaux sont exigus par rapport aux nombres d’élèves
  • le formateur n’a pas les compétences requises pour cet apprentissage de la lecture et de l’écriture alors qu’il y a sur place des alphabétiseurs compétents
  • les manuels ne sont pas appropriés à cet enseignement et surtout à ce type de public
  • le public cible n’est pas assez écouté par les animateurs.