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LA VILLE DE MEDERDRA


La population de Méderdra (département du Trarza) est estimée à 6000 habitants, tous musulmans et de souche arabe, comme dans les quatre autres départements de la région du Trarza, capitale Rosso. Il existe cependant plusieurs villages wolof aux environs de Rosso et à Keur Macène, sur la rive droite du fleuve Sénégal. La langue parlée à Méderdra est le hassaniya, dialecte très proche de l’arabe littéraire.

Méderdra compte quatre écoles primaires, un collège et un lycée. Il faut noter aussi l’existence de plusieurs écoles coraniques, appelées communément mahadras.

La ville a de nombreux atouts. D’abord sa proximité avec Nouakchott, la capitale, et sa situation sur l’axe routier Nouakchott-Rosso. Cette position géographique, son climat et son paysage de même que l’hospitalité légendaire de sa population pourraient en faire une destination touristique importante. On y trouve plus d’une trentaine de coopératives maraîchères, dont 18 sont féminines, qui couvrent plus de 60% des besoins du marché local en légumes frais. L’élevage de troupeaux de chameaux, de vaches, de chèvres et de moutons y est également florissante. Ces activités, avec l’artisanat et le commerce, constituent les principales sources de revenus de Méderdra. On y trouve aussi un dispensaire, avec une PMI et une maternité plutôt bien équipée (grâce à l’association française des Amis de Méderdra), une bibliothèque (autre que le CLAC), des associations des jeunes, des clubs sportifs et des troupes folkloriques actives pendant les vacances scolaires. On y capte la radio et la télévision.

Mais tout n’est pas facile et la localité souffre de l’absence du réseau électrique et par le fait même de l’inexistence d’activités industrielles (usines, fabriques, chantiers) génératrices de revenus. Les communications se font essentiellement par RAC.

Les femmes constituent la majorité de la population, car une grande partie des hommes sont partis travailler à l’extérieur. Les jeunes représentent de 35 à 40 % de la population, dont la moitié est alphabétisée en arabe. Depuis quelques années, un effort d’alphabétisation louable a été entrepris par l’État, par le biais du Secrétariat d’État chargé de l’alphabétisation et de la campagne « Savoir pour Tous », lancée en 1999.

Le taux de scolarisation en langue arabe a atteint 80 à 85 % des garçons en âge d’aller à l’école. Chez les filles, il a atteint 35 à 40 %, un bond sans précédent dans l’histoire du pays.

La mortalité infantile et maternelle est insignifiante dans la ville de Méderdra, ce qui n’est pas le cas en brousse bien qu’il existe un poste de santé public dans toutes les communes de Méderdra.

La vie à Méderdra est communautaire: les familles s’entraident dans les moments difficiles et à l’occasion des fêtes, mariages, baptême et autres, car tout le monde se connaît et est lié par des relations de parenté proche ou lointaine. Il faut indiquer que pour voyager en transport en commun, il faut se lever tôt le matin car toutes les voitures partent avant 7 heures et ne reviennent que le soir à partir de 17 heures, sauf le vendredi où il n’y a quasiment pas de transport.

Il faut signaler aussi que Méderdra sera électrifiée au cours de l’année 2000. Le réseau d’eau, qui date de 1956, sera aussi entièrement rénové et renforcé par un deuxième château d’eau et une extension de la canalisation aux quartiers périphériques.

La Commune de Méderdra est jumelée à Lieusaint, petite commune de l’agglomération de Sénart, en banlieue sud de Paris et bénéficie de l’apport d’une association française dénommée Les Amis de Méderdra, sise dans le Sud de la France.

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Activité en cours
Appui par la communication à l'assainissement de Méderdra
par une coopérative de femmes

En 1907, Méderdra n’était qu’un poste militaire français créé pour les besoins de la colonisation. Depuis sa création jusqu’à nos jours, Méderdra n’a jamais disposé d’un service d’assainissement ou de voirie. Pendant longtemps, le système adopté pour l’évacuation des ordures consistait à les enterrer dans des trous, dans les rues jouxtant les maisons.

Maintenant que les rues sont saturées, le problème se pose avec acuité et chacun cherche à se débarrasser de ses ordures, n’importe comment. Certaines personnes les déposent à la nuit tombante près de la maison voisine pendant que d’autres les jettent dans les rues ou au abords immédiats des quartiers.

D’après les services de santé, un tel comportement cause la mort d’un nombre important d’enfants de moins de 5 ans par suite de maladies diarrhéiques. En effet, il n’est pas rare de voir les enfants jouer, des heures durant, sur les tas d’ordures, avec les vieilles boîte rouillées, sous la pluie et dans les flaques d’eau.

La plupart des familles pauvres se soucient peu des règles élémentaires d’hygiène, ne sachant pas les dangers auxquels elles s’exposent. Cette méconnaissance des règles élémentaires d’hygiène, tout spécialement chez les femmes, premières éducatrices des enfants, contribue dans une large mesure à la prolifération des maladies dermiques, parasitaires, respiratoires, diarrhéiques et autres.

Vu cette situation, une trentaine de femmes issues de divers milieux économiques et de niveau culturel et intellectuel différent se sont organisées en coopérative afin d’assainir la ville de Méderdra. Pour démarrer leurs activités, ces femmes ont cotisé hebdomadairement pendant plusieurs mois, afin de pouvoir constituer un fonds indispensable au succès de leur mission. Cela leur a permis d’engager plusieurs manœuvres, au début pour creuser des fosses pour enterrer les ordures, puis de louer une charrette pour l’évacuation des ordures en d’autres lieux. Ces efforts, certes louables, n’ont pas entraîné l’adhésion des populations qui continuent malgré tout à disposer de leurs ordures n’importe comment.

Cette attitude se comprend, puisque cette coopérative n’a en aucun moment entrepris de travail de sensibilisation et d’éducation de la population. Les autorités n’ont pas été non plus suffisamment sensibilisées pour leur permettre de s’investir ou tout au moins de soutenir moralement et matériellement cette activité peu commune.

Les femmes de la coopérative ont reconnu les faits lors d’échanges que nous avons eus avec elles. Les animateurs du CLAC estiment qu’il est nécessaire, voire impérieux, de conjuguer leur heureuse initiative avec une campagne de sensibilisation et d’éducation.

Il s’agit donc pour le CLAC d’appuyer par la communication les activités de cette coopérative en ayant pour groupe cible tous les chefs de quartiers et leaders d’opinion mais aussi tous les services concernés par le problème. Cela permettra à long terme, de susciter d’une part la création ou la naissance de sections d’assainissement au niveau de chaque quartier et, d’autre part, l’implication des autorités locales.

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