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Gouré, Guidan-Roumji, Tibiri
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Afrique de l'Ouest

LE VILLAGE DE SOUBDOU (GOURÉ)
La localité de
Gouré (département de Zinder) se trouve à plus
de 1000 km à lest de Niamey et à 162 km de Zinder,
ville historique qui a connu une grande prospérité
au 19e siècle et qui est demeurée la capitale du pays
jusquen 1927. Gouré a un statut d'arrondissement. De
Gouré dépendent administrativement plusieurs petits
villages, dont Soubdou, situé à 40 km sur la route
nationale 1.
Avec ses 2000 habitants, le village de Soubdou est confronté
à dénormes problèmes de santé.
Malgré labsence de statistiques fiables, le petit village
enregistre un nombre croissant denfants qui meurent suite
à des maladies diarrhéiques et autres maladies quon
pourrait facilement prévenir par la vaccination.
À plusieurs reprises, les habitants de Soubdou ont lancé
un appel pressant aux autorités départementales et
gouvernementales pour quon les équipe dun dispensaire.
Leur appel na jamais été entendu. Entre-temps,
la situation des enfants na cessé de se détériorer.
Dans ce village, beaucoup de mères de famille navaient
jamais entendu parler du sel de réhydratation. Nous avons
constaté des lacunes certaines concernant leurs connaissances
des modes de transmission de certaines maladies de lenfance
et les moyens de sen prévenir. Sur plusieurs aspects,
elles possédaient même des informations erronées,
sur dautres quelques bribes dinformations exactes mais
très partielles.
Activité en cours
Appui par la communication aux activités
de l'antenne CONIPRAT de Gouré
Le Comité nigérien
sur les pratiques traditionnelles ayant effet sur la santé
des femmes et des enfants (CONIPRAT) a mené une large enquête
en 1992 sur les pratiques traditionnelles persistant dans le pays
selon les régions et les ethnies et ils en ont constitué
la liste comme suit :
Ablation de la luette
Excision
Mariage et maternité précoces
Tabous alimentaires
Extraction des dents de lait
Attouchements au feu
Saignées
Percées du bas ventre
Pressions abdominales
Relèvement du col utérin
Fixation du ftus
Scarification
Tatouage
Percement du lobe doreille
Percement des gencives, des lèvres et du nez
Gavage
Sevrage précoce
Le CONIPRAT a pour mission
de lutter contre toute pratique traditionnelle néfaste et
inutile pour la santé des femmes et des enfants et de promouvoir
celles qui sont positives (notamment le port du nourrisson au dos,
la pratique de 40 jours de repos après laccouchement,
lallaitement maternel, etc.).
Basé à Niamey,
le CONIPRAT a élargi ses activités dans les différentes
régions du Niger. Cest ainsi que lantenne sous-régionale
de Gouré a vu le jour.
Suite au redécoupage administratif,
la ville de Gouré vient dêtre érigée
en commune urbaine, regroupant plus de 46 villages. De ce fait,
la population de la commune est passée de 12 400 à
27 450 habitants (dethnies kanouri, haoussa, toubou, peulh,
arabe, tamacheq et zarma).
La langue dominante est le kanouri,
la religion lislam. Au plan sanitaire, il ny a quun
seul médecin et deux sages-femmes.
Plusieurs associations uvrent
dans la localité: le Rassemblement démocratique des
femmes du Niger, lAssociation des femmes du Niger, lAssociation
pour la redynamisation de lélevage, la Croix Rouge
(section de Gouré), lAssociation des anciens combattants
et victimes de guerre, lAssociation des retraités et
pensionnés, lAssociation nationale pour la défense
des droits de lhomme et diverses associations islamiques.
Les revenus de la population
reposent essentiellement sur lagriculture, lélevage,
le commerce et lartisanat. Gouré dispose de cuvettes,
importante réserve en pâturage et est avantagé
du fait de sa situation sur la route du Nigeria. On y tient chaque
dimanche un important marché hebdomadaire.
Si la ville de Gouré
est dotée délectricité et dune
adduction deau potable, il faut déplorer le mauvais
état des routes, la vétusté et la saturation
du réseau de télécommunication et la mauvaise
qualité de réception des émissions radio et
télévisées.
Comme lantenne de CONIPRAT
est de création récente, elle ne dispose pas pour
le moment de matériel bien quelle se soit adressée
au bureau national pour lobtention dun minimum. Sa capacité
de mobilisation est donc faible. Elle collabore cependant avec le
CLAC depuis 1996 dans le cadre de la lutte contre le symptôme
du trachome ainsi que dans le cadre de la recherche action menée
en 1998 dans le village de Soubdou.
En fait, la collaboration entre
CONIPRAT et la CLAC est constante depuis linstallation de
lantenne sous-régionale à Gouré. Même
que sur les trois animateurs du CLAC, deux sont membres de lantenne
CONIPRAT.
Le CLAC appuiera donc les
activités du CONIPRAT en vue dune meilleure mobilisation
de la population sur les questions des pratiques traditionnelles.
Il sagira dabord daugmenter le nombre dadhérents
à lantenne et surtout de consolider ses installations
dans les treize villages et les huit quartiers de Gouré.
Activité de la première
phase
Appui par la communication à lamélioration
de la santé
de la mère et de l'enfant
À Sobdou, les conditions de vie et le
manque dinformation sont deux des raisons de la mortalité
infantile. Les besoins en information, des femmes en particulier,
concernent lhygiène alimentaire, la nutrition, les
maladies diarréhiques et la vaccination.
Lactivité de communication a consisté à
organiser cette information, dont la première étape
a été de mobiliser les partenaires, le chef de village,
lUNICEF et les ONG étrangères.
Lors de la rencontre avec le chef de village, des personnes se sont
attroupées et lentretien sest transformé
spontanément en réunion publique. Cest ainsi
que le projet de communication a été lancé.
Depuis des réunions dinformation ont été
tenues et suivies, qui ont permis de réaliser des séances
de vaccination.

LA COMMUNE DE TIBIRI
Tibiri est une commune
rurale de 32 000 habitants située à 650 km à
lEst de Niamey, la capitale. Tibiri se trouve à peine
à une dizaine de km de Maradi, deuxième ville du pays,
considérée il y a quelques années encore comme
sa capitale économique.
La population de Tibiri est presque entièrement musulmane.
Elle est constituée des ethnies béribéri, haoussa,
zerma, peulh et touareg. Le haoussa et le peulh constituent les
principales langues de la commune. Tibiri compte huit écoles
publiques et un collège denseignement général.
La proximité avec Maradi confère à Tibiri quelques
atouts. La commune est électrifiée et le téléphone
fonctionne. Par Tibiri passe la route nationale 1, qui relie la
capitale à lEst du pays.
Activité en cours
Appui par la communication à l'organisation
des producteurs
du quartier Goumar de Tibiri
La commune de Tibiri se divise en
huit quartiers. Sa population est constituée à 90%
dagriculteurs. Le Goulbi de Maradi, cours deau temporaire
qui traverse la commune pendant la saison des pluies sur une longueur
de 20 km, alimente une vallée très riche en bois de
chauffe et arbres fruitiers.
Sur ce site, les paysans pratiquent
de façon traditionnelle, des cultures de décrue et
dirrigation au fur et à mesure que leau se retire.
Parmi ces cultures, nous pouvons citer le marioc, la tomate, le
poivron, le piment, la canne à sucre, le melon, la courge,
la pastèque, le chou, la laitue, etc. et aussi des cultures
fruitières telles que la mangue, la goyave, le citron, lorange,
etc. Ces cultures représentent un volume annuel de 7 510
351 tonnes pour une valeur de 119 781 532 Fcfa.
Dans le souci de mieux gérer
la vente, en vue de rentabiliser les récoltes, les paysans
ont mis sur pied deux coopératives, WADAT (abondance) et
ANFANIN GOBIR (bien-être du gobir). Elles octroient des crédits
à des groupements de paysans, principalement dans les secteurs
de lagriculture, de lélevage et du commerce.
Malgré lexistence
de ces coopératives, le système de commercialisation
reste peu fiable, dû au manque de confiance entre certains
membres du bureau dune part et, dautre part, le défaut
de suivre les règles fixées par les coopératives.
Les 700 habitants du quartier
Goumar, situé tout près de la vallée de Tibiri,
sont particulièrement touchés puisque 40% dentre
eux vivent de culture maraîchère. Or on a constaté
ces dernières années une baisse de production, entraînant
une réduction considérable du revenu. Linadaptation
des outils agricoles, dabord, et le manque dorganisation
en seraient la cause.
Face à cette situation,
le service de lagriculture, en collaboration avec les animateurs
du CLAC, ont jugé nécessaire dapporter un appui
pouvant permettre non seulement de mieux encadrer cette population,
mais aussi de les organiser en coopérative afin de les aider
à rentabiliser leur production.
Activité de la première
phase
Appui par la communication à la
prévention du SIDA
La population
de la commune de Tibiri est plutôt jeune et les emplois sont
rares. Les filles-mères sont très nombreuses, victimes,
pour la plupart, de grossesses indésirées et/ ou de
mariages ratés. Répudiées très jeunes
par leurs maris, sans ressources financières et sans formation
professionnelle, elles nont souvent dautres choix que
de se livrer à la prostitution. Elles y sont encouragées
par lintense activité commerciale de Maradi.
Les maladies sexuellement transmissibles (MST) sont très
fréquentes, malgré labsence des statistiques
fiables. Dans cette petite commune rurale où tout le monde
connaît tout le monde, les prostituées et leurs clients
ne sont pas nécessairement au courant des informations qui
circulent sur le SIDA. Sans compter les informations erronées
qui circulent sur la place. Conséquence: très peu
de gens (surtout les jeunes) savent ce quest réellement
le SIDA, comment il se transmet et, surtout, comment léviter.
Face au danger de propagation du
SIDA, les animateurs ont décidé de mettre toutes les
ressources du CLAC au service de sa prévention. Dans un premier
temps, ils ont mis en place une activité de communication
pour informer les personnes à risque des dangers et des conséquences
de la maladie, des modes de transmission et des moyens de prévention.
Dans un deuxième temps, lactivité sest
faite plus ambitieuse en tentant damener les personnes à
supprimer la prise de risque par la fidélité conjugale,
lutilisation des condoms, etc.
La stratégie de communication a permis dorganiser des
réunions dinformation avec sketches et projection de
films en haoussa. Il y eut aussi des rencontres-débats avec
les prostituées, qui ont largement pris la parole, et des
jeux-concours avec attribution de prix à loccasion
de la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Dans ce dernier
cas, lobjectif était de tester les connaissances des
jeunes sur la maladie et les possibilités de prévention.
Il y a également eu création et diffusion de chants
comportant des messages sur le SIDA et réalisation et diffusion
daffiches dans les écoles, collèges, etc.
Actuellement, le succès des réunions, qui sont devenues
de grandes fêtes, est acquis et cela a certainement permis
la levée (au moins partielle) des tabous et préjugés.
Il nen reste pas moins que ce type daction, dinformation
ludique de masse, ne garantit pas lefficience en terme dacquisition
de connaissances et de changement de comportement.
Aujourdhui, le terrain est prêt pour un travail en profondeur
avec les personnes cibles, en groupe restreint, afin de permettre
un meilleur échange avec les professionnels de la santé.

LE VILLAGE DE GUIDAN-ROUMDJI
Guidan Roumdji est une toute petite localité
située à quelques dizaines de kilomètres de
Maradi, la deuxième ville du Niger. Guidan Roumdji se trouve
sur la route nationale 1, à près de 500 km à
lest de Niamey, la capitale.
Avec environ 5000 habitants, Guidan Roumdji a le statut administratif
darrondissement et comprend la localité elle-même
ainsi que les villages environnants. Sa partie méridionale
borde le nord du Nigéria. Cette situation géographique
entre Maradi et le Nigéria favorise une certaine activité
commerciale. Lagriculture et lélevage demeurent
cependant les principales sources de revenus.
Essentiellement musulmane, cette population se répartit entre
les ethnies haoussa, peulh et touareg. Tout le monde ou presque
parle cependant le haoussa. On dénombre à Guidan-Roumdji
cinq écoles primaires et un collège denseignement
général. Mais la qualité de léducation
laisse à désirer. Ces écoles sont confrontées
à des difficultés de plusieurs ordres: sous-qualification
du personnel enseignant, manque de matériel didactique et
dapprentissage, surcharge des salles de classe.
Activité en cours
Appui par la communication à la
réduction
de la coupe abusive de bois à Guidan-Roumjdi
La ville de Guidan-Roumdji
a un sérieux problème de désertification, amplifié
par un accroissement de sa population, le tout entraînant
une coupe abusive de bois de chauffe et de construction.
Cette situation inquiétante
amplifie la dégradation de lenvironnement et favorise
lavancée du désert. La lutte contre cet avancée
préoccupe lÉtat depuis longtemps, lui qui à
travers lopération « Sahel vert », en 1975,
a instauré un vaste programme de plantation darbres
sur tout le territoire national. Cette opération a mobilisé
lensemble des bras valides du pays et plusieurs ceintures
vertes ont été érigées autour de plusieurs
communes et gros villages, de même que près les périmètres
agricoles.
Malheureusement, au cours
des dix dernières années, cette opération a
connu un relâchement. Dans le souci de réactualiser
cette activité dintérêt communautaire
et aussi, compte tenu de lampleur de la coupe de bois, la
coopération suisse a soutenu en 1998 un comité de
jeunes pour lutter contre lavancée du désert
à Guidan-Roumdji.
Plusieurs opérations
de fixations de dunes et de reboisement de certains périmètres
agricoles ont été réalisés. Ainsi, à
Gadambo, 200 plantes ont été semées sur un
site de 5 ha. Pour les besoins de lopération,
une pépinière centrale a été aménagée
par le service technique de lenvironnement. À lheure
actuelle cependant, tous ces périmètres boisés
ont été détruits. Compte tenu de lampleur
du dégât, le CLAC cherchera à sensibiliser la
population à la nécessité de freiner la coupe
abusive de bois et à reprendre les opérations de plantation
darbres.
Activité de la première
phase
Appui par la communication à lalphabétisation
des jeunes déscolarisés de Guidan-Roumjdi
Ceux qui vont à lécole
apprennent dans des conditions très difficiles. Mais ceux
qui nont pas la chance dy aller sont encore plus nombreux.
Conséquence: la petite localité de Guidan-Roumdji
compte de nombreux jeunes qui ne savent ni lire ni écrire.
Cette situation a toujours fait lobjet de préoccupations
des autorités locales. Un service spécialisé
de la sous-préfecture est chargé dorganiser
des activités dalphabétisation dans larrondissement.
Depuis quelques années, des centres dalphabétisation
fonctionnent de façon plutôt sporadique dans les villages
voisins de Guidan Roumdji. Mais dans la localité de Guidan
Roumdji même, le programme dalphabétisation navait
pas encore démarré en dépit du nombre croissant
de jeunes ne sachant ni lire ni écrire.
Donc plusieurs jeunes de Guidan-Roumdji
sont analphabètes. Les animateurs du CLAC ont décidé
de travailler pour lutter contre cet état de fait et ont
lancé une campagne dalphabétisation.
A loccasion de la journée mondiale de lalphabétisation,
ils ont développé des activités dinformation
et notamment une campagne daffichage.
Le CLAC a également décidé de mettre en place
un centre dalphabétisation et dinitier des cours
dalphabétisation en haoussa.
Malheureusement, les services techniques en charge de lalphabétisation
nont pas été associés à cette
démarche, et en particulier le centre dalphabétisation
installé à Guidan.
Les consultants du projet ont donc réaffirmé les rôles
de chacun: le coordonnateur du réseau doit veiller à
ce que le CLAC reste dans les limites de ses compétences
alors que le centre dalphabétisation va récupérer
les activités dalphabétisation.
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